La vie est modelée par plusieurs fonctions définies par des règles très strictes et des équilibres rigoureux. La méthode utilisée pour obtenir une approche de ces fonctions, consiste au suivi de la quantité des substances secrétées par le corps, telles que la créatine phosphokinase qui est un élément de base des processus fondamentaux.
L’étude de la créatine phosphokinase ou cpk, ou de la créatine kinase, ck, a été réalisée en 1943 par Banga. Cette substance est une enzyme catalysant la libération d’énergie lors de la conversion de l’adénosine triphosphate ou atp en adénosine diphosphate, adp. Cette transformation consiste en la rupture d’une liaison phosphate riche en énergie. Ainsi, le phosphate débloqué servira à la phosphorylation de la créatine, aboutissant à la création d’une phosphocréatine, de la créatine phosphate ou du phosphagène.
L’énergie libérée sera utilisée par les organes, notamment au niveau du cerveau, de la contraction musculaire, des fibrilles des muscles striés du squelette, ainsi que des myofibrilles du cœur. L’adp formée sera acheminée vers les mitochondries ou elle sera rapidement transformée en atp par un transfert du phosphoryl de la créatine phosphate sous la catalyse de la créatine kinase. La créatine représente ainsi une réserve d’énergie de l’organisme. Cette énergie est immédiatement disponible mais éphémère puisqu’elle ne dure qu’une dizaine de secondes. Si la demande persiste, il se passe un métabolisme anaérobique consistant en la dégradation du glucose en acide lactique, pendant environ 2 minutes. Cette seconde réaction sera relayée par le métabolisme aérobique qui se produira jusqu’à la fin de la demande d’énergie.
Notez que la cpk se présente sous deux formes comme la configuration dimère, rencontrée dans le cytoplasme, ou dans la partie entre les membranes, et participe à la régénération de l’atp en utilisant le phosphate de créatine. La configuration octamère permet de transporter l’atp hors de la mitochondrie.
Les variétés de créatines phosphokinases correspondent à des activités précises. Les trois variantes sont la cpk1, la cpk2 ou cpk-mb et la cpk3. La cpk1 ou cpk-bb, b pour l’anglais brain, est assimilée aux activités du système nerveux central, des contractions musculaires, ainsi que des fibrilles des muscles striés du squelette. La cpk3 ou cpk-mm, la lettre M signifiant muscle, est réservée aux myofibrilles des muscles cardiaques.
Après leurs actions au niveau énergétique cellulaire, les cpk sont libérées dans le sang. A leur disparition normale ou à la suite de traumatisme, les contenus cellulaires, dont les cpk, sont évacués dans le sang. La détermination des cpk sanguins permettent d’effectuer une approche sur les organes les sécrétant. La teneur normale en cpk sanguin ne doit dépasser les 200 unités internationales par litre, en abréviation ui/l, soit 195 ui/l chez l’homme et 170 ui/l pour la femme. La proportion de cpk-mb, d’origine musculaire, doit être compris entre 0,3 et 6 ui/l.
Les prises de sang, qui serviront aux évaluations, doivent être effectuées avec précaution puisque la moindre activité risque de fausser les résultats obtenus. Les traitements en cours doivent être signalés, certains médicaments influençant la quantité de cpk. Les préparations destinées à traiter le cholestérol augmentent le taux qui peut aussi être réduit par les anticoagulants.
La cpk-bb est synthétisée dans les cellules du cerveau et peut être déterminée par l’électrophorèse. La cpk-bb est la plus rapide d’où son autre appellation de cpk1. La méningite, le traumatisme crânien, ainsi que certaines tumeurs favorisent une augmentation de la teneur sanguine en cpk-bb. Jackson et Roberts R. ont effectué les études sur le cpk-mb ou cpk2, en 1975. Cette créatine phosphokinase est présente dans le myocarde et peut être à l’origine de la nécrose. Ainsi, la proportion peut atteindre jusqu’à 20 à 30 % du cpk total, tandis qu’elle n’est que de 4 % normalement.
La destruction du myocarde, causée par une insuffisance de l’irrigation sanguine, ou l’infarctus, se traduit par une courbe présentant une hausse entre la 4ème et la 8ème heure. Un pic se situe entre la 12ème et la 18ème heure, et le retour à la normale s’amorce vers la 24ème heure. La troisième créatine est la cpk-mm, présente dans les muscles striés du squelette. Des trois créatines phosphokinases, la cpk3 migre lentement en électrophorèse. Une très forte hausse est constatée en cas de myopathie, de traumatisme musculaire, de brûlure grave ou de dégénérescence des muscles du squelette.